Dans cette onzième édition de Muséologies Les cahiers d’études supérieures:
Sophie Orlando présente les efforts du Tate Modern pour mettre en œuvre le programme de revalorisation de l’identité culturelle nationale mis sur pied par le gouvernement Blair, matérialisant le courant Cool Britannia, un programme devant promouvoir la diversité culturelle et remplacer l’antiracisme et les politiques construites autour de l’ethnicité. Son article qui expose les relations entre la naissance d’une politique de diversité ethnique et celle de la diversité culturelle au sein du gouvernement, démontre comment le Tate a cherché à définir l’art national et comment il a composé avec l’art étranger dans l’élaboration d’une trame narrative homogène.
Julia Roberge Van Der Donckt dépeint le phénomène des guerres culturelles aux États-Unis qui sont en cours depuis la guerre froide. Ce phénomène présent dans de nombreuses aires culturelles de la société américaine semble, selon l’auteure, avoir des répercussions non négligeables dans l’univers muséal puisque ce dernier en serait un des principaux acteurs, les enjeux fondamentaux liés à la censure et aux modes de financement représentant des champs de bataille fondamentaux.
Ariane Blanchet-Robitaille, lauréate du prix Roland-Arpin 2010, constate que l’objet matériel ne peut plus à lui seul représenter les entités complexes que sont la société et son histoire. Robitaille étudie ainsi le concept de mentefact qui comprend plusieurs acceptions, dont le patrimoine ethnologique immatériel qui peut être précisé en tant que la collecte de l’expression intangible humaine, ou encore le témoignage ou la re-création d’un événement conservé sur un support permettant sa diffusion..
L’acquisition de la maison d’Alfred Pellan par le Musée national des beaux-arts du Québec en 2006 représente pour Martine Dubreuil l’occasion pour celui-ci de « personnaliser » l’œuvre de cet artiste à travers le pouvoir narratif de sa demeure. Dubreuil élabore sur la manœuvre du déplacement muséographique effectué par le musée de l’objet vers le Sujet qu’elle reconnaît dans sa mise en exposition générale des collections permanentes et qui, selon elle, fait appel à la sensibilité affective et mémorielle du spectateur.
Meggie Savard cherche pour sa part à définir l’institution muséale en région excentrique au Québec. C’est en combinant une revue de la littérature sur le sujet à une série d’entretiens avec des représentants du milieu qu’elle forme une image globale qui permet de mieux comprendre le phénomène d’autonomie culturelle qui distingue ce type de musée. Il s’agit, selon l’auteure, d’un modèle où la définition même de l’identité est capitale puisque celui-ci a comme rôle de participer à l’essor du milieu.
Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, nous dresse le portrait de la trajectoire qu’elle s’est tracée, celle de concrétiser les nombreux projets et aspirations du musée. Selon elle, la « réinvention du Musée des beaux-arts de Montréal », ne peut se poursuivre sans le développement d’une collection encyclopédique reflétant la « biodiversité » des donateurs, sans la transformation de la programmation, la diversification des programmes éducatifs et l’apport de la recherche au service de la médiation. Elle souhaite faire la promotion d’une « culture live » qui offre au visiteur – ou mieux, à l’usager – les moyens de parvenir à une distanciation critique, par le biais de l’art.
François Mairesse nous présente le premier Dictionnaire encyclopédique de muséologie, paru aux Éditions Armand Colin.. Professeur d’économie de la culture à l’Université de Paris 3 et co-directeur de l’ouvrage avec André Desvallées, il nous raconte la genèse, l’élaboration et la réalisation de ce projet, né en même temps que le Comité international pour la muséologie – l’ICOFOM – en 1977. Le dictionnaire, qui collige 500 termes et 21 articles encyclopédiques écrits par des spécialistes reconnus, aborde les aspects pratiques, historiques et théoriques de l’environnement muséal en adoptant un parcours épistémologique.
Le numéro se clôt avec un carnet portant sur l’exposition Norman Slater / Leçons de design. Présentée au Centre de design de l’UQAM du 24 novembre 2011 au 29 janvier 2012. Sous le commissariat de Réjean Legault, l’exposition passait en revue l’œuvre méconnue du designer Norman Slater de 1957 à 1983. Toujours présente dans la ville de Montréal, la diversité du travail de Slater représentée dans une combinaison espace monographique et circuit urbain, permettait de mesurer la contribution de cet artiste à la construction de l’image symbolique de la ville.









